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CHANSONS


SI LES BELLES DEMOISELLES...

Если б милые девицы...


Traduire une chanson est un défi; adapter un air d'opéra en respectant la métrique, les rimes et les accents musicaux en est un autre. Cette version française a été travaillée pour que vous puissiez la chanter directement sur la musique, sans que la langue ne trébuche sur les notes. Une immersion totale dans la poésie russe, accessible aux francophones!

Lorsque Tchaïkovski compose son chef-d'œuvre "La Dame de pique" (1890) — adapté de la célèbre nouvelle d'Alexandre Pouchkine —, son frère Modeste, qui rédige le livret, souhaite recréer l'atmosphère galante et aristocratique de la fin du XVIIIe siècle (l'époque de la Grande Catherine). Pour y parvenir, il commet un anachronisme volontaire très poétique : il va piocher directement dans les écrits de Gavrila Derjavine, le plus grand poète russe de l'époque. Les paroles de cet air sont ainsi tirées d'un poème de 1802 intitulé "Souhait badin" (Шуточное желание).

Dans le troisième acte de l'opéra, au milieu de la tension grandissante de la maison de jeu, le comte Tomski entonne cette chanson pleine d'humour et de légèreté. Le poète y rêve de se transformer en petite branche (soutchok) pour que des milliers de jolies filles, métamorphosées en oiseaux, viennent s'y poser, y chanter et y faire leur nid.

Pour des raisons de rythme musical, l'accent tonique russe du mot "девочкам" (les fillettes) est déplacé sur la deuxième syllabe (devÓtchkam au lieu de dÉvotchkam). C'est ce qui donne à cet air son phrasé si typique et amusant.


Musique: Piotr Tchaïkovski

Paroles: Gavriil Derjavine

Chante Alekseï Ivanov.


Si la vidéo ne s'affiche pas, regardez-la sur ce lien.



Paroles


Si les belles demoiselles
Voletaient comme les oiselles,
Se posant sur les rameaux,
Je voudrais être une ramille,
Pour que des milliers de filles
Viennent jucher de bas en haut.


Qu'elles arrivent, qu'elles s'installent,
Qu'elles y nichent, gazouillent, piaillent,
Élevant leurs oisillons.
Je serais dressé, fortiche,
Le plus fier de toutes les tiges,
Sans ployer, en pâmoison.