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Anonyme

Hadopi : une loi vieille de 2 000 ans ?


Sensationnelle découverte archéologique en Israël : un ancêtre de la loi Hadopi en Judée-Samarie !


En vue de la visite du pape, divers travaux d'aménagement ont eu lieu en Israël, notamment pour permettre le passage en toute sécurité de la papamobile, ce qui a provoqué l'effondrement d'un mur et la mise au jour dans les fondations d'une cache très ancienne, contenant des rouleaux authentifiés par les spécialistes. Il s'agirait d'une sorte de pétition, d'une action collective de commerçants, une plainte déposée par les guildes des boulangers et des poissonniers de la ville de Bethsaïde auprès de Ponce Pilate, procurateur romain de Judée, Samarie et Édom :


"...après quoi susnommé Yehoswah de la ville de Nazareth, à l'aide d'une technologie inconnue (qu'il appela lui-même "miracle de Dieu" - terme que cependant nos experts, pharisiens et scribes, refusent catégoriquement), créa une énorme quantité de copies illégales de deux poissons et cinq pains. Il est impossible de chiffrer avec précision les pertes occasionnées, mais le fait qu'il put nourrir, par ce procédé criminel, plus de cinq mille personnes, et qu'avec les restes des poissons et des pains, illégalement multipliés, nous pûmes remplir douze pleines corbeilles, en dit long sur la fraude. Le manque à gagner représente, au minimum, les deux-cent deniers que les disciples de Yehoswah avaient initialement l'intention de dépenser pour leur nourriture dans les boutiques de notre ville, avant que le criminel eût entamé son activité de copiage illégal.

Il faut préciser que nous versons dans les caisses de l'État la taxe d'une obole pour chaque poisson vendu, et de deux oboles pour chaque miche de pain. Ainsi le criminel a volé non seulement nous, honorables corporations marchandes de la ville de Bethsaïde, respectueuses des lois, mais également le césar Tibère lui-même, que ses jours se prolongent éternellement !


Cette fraude prend la dimension d'une affaire d'État. Nous demandons humblement d'écouter notre requête et arrêter le criminel susnommé, afin de protéger l'économie des provinces, confiées à vos soins, alors qu'elle est déjà affaiblie par la crise financière.


Il aurait également transformé de l'eau en vin, ruinant divers estaminets dont la clientèle maintenant suit les traces de Yehoswah en espérant un pichet de vin, tandis que le monopole de l'eau est, lui aussi, bafoué par ce révolutionnaire qui ne respecte aucune des lois établies par nos sages législateurs.


Quelle est cette société où on peut copier illégalement des aliments, ruinant les artisans qui les ont fabriqués, ainsi que les grossistes, ou encore les importer d'un lointain pays par des méthodes de magicien ?


Outre la spéculation monétaire de Yehoswah, nous croyons pouvoir affirmer qu'il s'est rendu coupable d'exercice illégal de la médecine, car divers témoins l'ont vu pratiquer l'imposition des mains. Certains prétendent même qu'il aurait guéri des malades, preuve qu'il n'est pas un médecin mais un escroc, car seuls les Dieux ont le pouvoir de guérison ; le vrai guérisseur, lui, soulage de son mieux les mortels que nous sommes.


Marchands

De plus, ce Yehoswah de Nazareth ruine les artistes et les conteurs, car il raconte du matin au soir, sans jamais se lasser, sans jamais se faire payer, et laisse ses disciples colporter sa parole, la dupliquer, la transcrire sur des tablettes, sans droit d'auteur - il appelle ça "le Haut-gît-Ciel libre" ! Il dit des choses comme : "Le code source de la vie coule par ma bouche, suivez ma voie - et vous serez libres ; prenez un autre chemin - et le démon par vos Fenêtres surveillera vos pensées, vos péchés lui seront connus, et il vous poursuivra."


Noble procurateur, ce Yehoswah est un ennemi de l'argent, il veut détruire notre société et ruiner toutes les guildes, mais nous avons confiance en ton jugement : rendre la justice est une lourde croix posée sur tes épaules."


(En bas de ce manuscrit se trouve une note (selon les historiens, de la main de Ponce Pilate) : "Tiens, c'est une bonne idée…")