Russie Russie virtuelle

HUMOUR


Sémion Altov

Extrait du livre
"Comment ruiner l'Amérique"


Chers lecteurs !


Le texte original de cette circulaire top secret a été dérobé chez nous par les services secrets étasuniens en 1991 et difficilement traduit en anglais. En 1992, cette circulaire traduite en anglais a été dérobée chez eux par nos services secrets et traduite dans le sens inverse - en russe. Il faut mentionner pour être juste que pendant son transfert en Russie, ledit document a été volé par les services secrets japonais, mais il s'est avéré que "les secrets de notre business" sont absolument intraduisibles en japonais, c'est pourquoi les services secrets japonais ont proposé à nos services secrets de voler la circulaire dans le délai de 24 heures, ce qui fut fait avec les remerciements. Suite à la double traduction du russe en anglais en passant par le japonais et vice-versa le texte est devenu compréhensible pour les larges masses de lecteurs et intéressera sûrement ceux qui se risquent à faire des affaires avec la Russie.


Manuel pour les hommes d'affaires russes


Notre business n'a pas de pareil dans l'Histoire mondiale ; nous avons toujours suivi notre propre chemin, et peu importe où il nous mène. Un énorme désir combiné à une absence totale d'expérience ont un effet ahurissant, et c'est dans cet effet-là que réside notre force. En fait, il s'agit du soi-disant antibusiness, auquel les étrangers ne comprennent rien ; pour cette raison ils deviennent fous de façon rapide et organisée, ce qui est naturel. Donc, en utilisant de multiples contacts, nous avons aujourd'hui une chance historique de ruiner les pays développés et d'atteindre enfin ainsi le niveau mondial en l'abaissant jusqu'à nous.

Nos pères ont essayé de rattraper et dépasser l'Amérique. Notre tâche est plus aisée : rattraper et dépasser au moins le Zanzibar (il paraît qu'un tel pays existe). En ce qui concerne l'Amérique, pourquoi la rattraper la langue pendante, quand il y a une possibilité de ralentir celui qu'on rattrape et de le dépasser tout en restant pratiquement sur place !

Le business international recèle un nombre incalculable de possibilités. Donnez-nous le temps, et notre collaboration transformera l'Amérique en un pays en voie d'éternel développement - tout comme le nôtre.

Comment faire des affaires avec des partenaires étrangers, comment faire rapidement échouer des négociations, comment se débarrasser au plus vite d'un homme d'affaires, le rendre fou, le ruiner - vous pouvez trouver ces précieux conseils, ainsi que beaucoup d'autres, dans la circulaire 472/91.

Cette circulaire est tellement secrète que personne ne se doute de son existence, et pourtant, comme vous le voyez, elle existe.


Le bureau commercial


Pas d'homme d'affaires sans son bureau ! Que veut dire ce mot exactement, est-il traduisible en russe - on ne le sait pas. Apparemment, un bureau - c'est un endroit où l'homme d'affaires occidental devrait aussitôt comprendre qu'ici, on ne s'occupe pas de bêtises, autrement dit il ne devrait pas comprendre qu'ici, on ne s'occupe que de bêtises.

Le niveau actuel de la science et de la technologie nous permet de créer l'illusion d'une activité débordante malgré son absence totale. C'est la technologie qui doit être au service de l'homme, et pas l'inverse. En aucun cas on ne doit découvrir que vos collaborateurs ne font rien et passent leur temps à se curer les dents. Actuellement, on peut se curer les dents à l'aide de fax, de télex, d'ordinateurs, de photocopieuses et d'autres appareils dont le nom est encore inconnu mais qui présentent très bien !

Tous les appareils doivent marcher sans arrêt, sans une seconde d'interruption ! Tout ce qui le peut doit cliqueter, clignoter, émettre des bips. Votre bureau devrait ressembler au QG du commandant en chef pendant les hostilités.

Le seul défaut des appareils occidentaux consiste dans le fait qu'ils ne peuvent pas fonctionner tout seuls. Le fax ne peut pas arriver chez vous, si quelqu'un ne l'a pas envoyé. Croyez-moi, il n'arrivera pas ! Plusieurs ont essayé d'attendre - hélas, il ne vient pas ! Pour que le téléphone sonne, quelqu'un doit vous appeler. On croirait cette situation sans issue : qui vous téléphonerait ou enverrait un fax, si vous n'avez affaire à personne ? La solution existe ! Dans la pièce d'à côté vous installez tous les appareils en double, vous y mettez les collaborateurs, et ce sont eux qui vous appellent et vous envoient fax et télex ! Simple et génial !

Les collaborateurs doivent travailler dur pour mériter leur salaire, même si c'est très difficile. Tout le monde doit aller et venir, légèrement essoufflé. Les hommes doivent pointer au travail strictement à l'heure, mal rasés, les femmes partiellement maquillées. Il est souhaitable d'avoir les yeux cernés. Ça donne au visiteur l'impression qu'ils sont énormément occupés et n'ont pas le temps de se soucier de leur apparence.

Voilà pourquoi personne ne fait attention à lui.

Vos efforts seront récompensés. L'homme d'affaires comprend qu'il est de mauvais goût de s'imposer, quand tout le monde est si occupé ! A en juger par l'effervescence ambiante, on traite ici des affaires infiniment plus importantes que les cent deux-cent trois millions de dollars minables. Il va s'asseoir sur le bord de la chaise en espérant une pause. Mais la pause ne viendra pas !

Parlez au téléphone en criant, le visage congestionné ; vous pouvez utiliser des jurons pour que l'étranger vous comprenne ne serait-ce qu'un peu.

Les statistiques démontrent que sur deux hommes d'affaires soumis à cette situation démente, le deuxième se retire au bout de cinq minutes. Or, chaque premier est évacué par le SAMU car une personne saine d'esprit est incapable de comprendre : tout clignote, bipe, cliquette, court, s'égosille, et en même temps rien ne se passe !

Tel est un des principaux secrets de notre business.

Remarquez: tout n'est pas si simple. Le résultat zéro demande des efforts surhumains. Mais, comme on dit, le jeu vaut la chandelle !

La mémoire


Développez votre mémoire, elle vous rendra d'innombrables services. Chacun se sent flatté quand on retient son nom tout de suite. Ce pourquoi votre tâche n'est pas simple. Il faut non seulement oublier une fois pour toutes le nom de votre interlocuteur, mais aussi écorcher son nom différemment à chaque fois. Par exemple, l'homme d'affaires se présente comme Mr Thurman. Vous lui secouez longuement la main : "Enchanté, Mr Burman ! Pas trop fatigué après le voyage, Mr Putman ? On va monter une affaire juteuse, n'est-ce pas, Mr Trucman ? Voulez-vous une tasse de café, Mr Bitman ?" Même s'il sait se contrôler, même s'il est très bien élevé, il est peu probable que, traité ainsi, il puisse continuer la conversation. Quand l'homme d'affaires, visiblement agacé, fera ses adieux, criez-lui par la fenêtre : "Je serai toujours ravi de vous revoir, Mr Zuberbiler! "

Ensuite vous pouvez rayer son nom de votre carnet - vous ne le reverrez plus jamais.

On peut croire que c'est rien, juste une personne qui va se faire du mauvais sang à cause de vous. Il faut avoir une large conception des choses : un peu à cause de vous, un peu également à cause de quelqu'un d'autre. Et il n'y a pas tant de sang que ça dans un seul homme d'affaires...


Le bureau


Le bureau doit être préparé au préalable avec une attention particulière, afin qu'une visite impromptue de l'homme d'affaires ne vous prenne pas au dépourvu. Les stylos doivent se trouver dans le gobelet de droite, les crayons dans celui de gauche. Il faut qu'ils soient de préférence en couleur, car il n'est pas exclu que vous ayez besoin des différentes couleurs pour travailler avec les papiers.

Naturellement, les stylos doivent être vides et les crayons soigneusement cassés. Vous pouvez ainsi gagner du temps en cherchant un stylo qui écrit ou un crayon intact. Aucun doute possible, ça provoquera l'agacement de votre visiteur, ce qui est une solide base pour les négociations ; vous aurez une réelle chance de les faire échouer.

Comment vider les stylos ? On ne peut pas les presser, quand même ! Alors, tout le temps libre (et vous en aurez), couchez sur le papier tout ce que vous turlupine. Vous pouvez jouer au morpion ou à une autre chose. En principe un stylo suffit pour 35-40 pages au format 240x560.

Rangez les documents à l'avance. Mettez toutes les feuilles faisant partie du même contrat dans des pochettes différentes. Faites-le pour tous les documents. Ainsi vous aurez dans la même pochette des feuilles dépareillées, sans aucun rapport entre elles. Il faut mettre le même chiffre sur toutes les pochettes (par exemple 84). Ça vous permettra de fouiller plusieurs fois dans la même pochette. En plus, l'homme d'affaires, en voyant la pochette N° 84 pour la cinquième fois, commencera à devenir fou.

Chaque pochette doit se trouver dans un tiroir séparé, les clés cachées très loin.

Tandis que vous cherchez ce qu'il vous faut en présence de l'homme d'affaires, en pestant contre le chat Garfield qui "mélange tout sans arrêt", le temps passera. Il faut inlassablement répéter: "Ça y est ! Le voilà ! Ah non, c'est pas ça... Où est-ce qu'on a pu le mettre ?.. Ah, c'est ça ! Ou ce n'est pas ça ? Tout à l'heure c'était ici ! Ah, voilà !"

Admettez: la procédure est simple, mais en une demi-heure un homme d'affaires normal aura une attaque.


L'alimentation


L'alimentation doit être variée et calorique. Portez une attention particulière au petit déjeuner, car juste après vous arrivez au travail et commencez les affaires. L'oignon, ou mieux, l'ail, doivent absolument faire partie du petit déjeuner. Premièrement, ils sont pleins de vitamines, et deuxièmement ils font apparaître une odeur tenace et incomparable. Pour créer une atmosphère de confiance, asseyez-vous très près de votre interlocuteur pendant les négociations.

Encore plus près. Oui, comme ça. Respirez calmement et régulièrement. Il vaut mieux avoir un ventilateur qui dirigera votre haleine chargée d'ail vers votre interlocuteur.

Quelques minutes plus tard vous remarquerez avec satisfaction que l'associé probable commencera à se détourner, s'embrouiller, abréger la conversation et sera ravi de vous quitter au plus vite. Après avoir visité plusieurs de nos bureaux, l'homme d'affaires occidental pensera : "Si tout le monde mange de l'ail, c'est peut-être parce qu'il le faut ? Apparemment, en Russie les hommes d'affaires se retrouvent d'après l'odeur." Pour ne pas être un merle blanc, il commencera à manger de l'ail jusqu'à en devenir dépendant.

De retour aux États-Unis, l'homme d'affaires ne pourra pas se débarrasser rapidement de cette habitude. Et là-bas, ça ne passe pas ! L'ail ou le travail, il faut choisir ! Encore un de ruiné...


La visite d'une dame


Si vous avez dans votre bureau une dame, ne vous perdez pas. On peut décourager n'importe quelle femme en sachant ce qu'elle veut, et surtout en devinant ce qu'elle ne veut pas.

Dans cette situation vous devez vous comporter comme un vrai homme. Si l'interlocutrice a une mini-jupe, braquez vos yeux sur ses genoux. Descendez dans votre fauteuil, comme si vous étiez très intéressé par ce qu'il y a d'autre sous la jupe.

Si la jupe est longue, mais il y a le moindre décolleté sur sa robe, fixez-le. On vous recommande un dispositif simple - appelez un artisan et demandez-lui de réparer la fenêtre de sorte qu'elle ne se ferme pas. Ce n'est pas cher, mais ça vous permettra de vous lever sans arrêt pendant la conversation pour fermer la fenêtre. Ce faisant, louchez très fort sur le décolleté. Croyez-moi : même si la femme d'affaires n'a pas de poitrine, après vos manipulations il lui semblera en avoir une.

Une femme intelligente comprendra immédiatement que vous êtes un coureur. On peut coucher avec vous, mais pas faire des affaires ! Et puisque les femmes d'affaires font l'amour en dernier et uniquement pendant les loisirs, elle perdra tout intérêt pour vous en tant que partenaire de travail, et partira au plus vite.

En la raccompagnant, n'oubliez pas de serrer son coude, pour qu'elle ne remette plus jamais les pieds dans votre bureau.


Parole de businessman


Dans les romans "d'avant la révolution" on décrit des cas où les marchands russes se donnaient leur parole, et c'était suffisant pour un contrat. On croyait sur parole ! Tout le monde sait comment ça s'est terminé pour les marchands russes. Mais les hommes d'affaires occidentaux continuent à se donner leur parole. Et comme si ce n'était pas suffisant, ils la tiennent ! C'est une coutume chez eux. Ce serait trop bête de ne pas profiter de cette situation ! Qu'est-ce qui vous empêche de donner votre parole à un entrepreneur occidental ? Les paroles s'envolent... et vous en avez des milliers dans la bouche !

Jurez vos grands dieux, déchirez votre chemise et la sienne, promettez de payer, d'expédier, de régulariser, de transférer à temps... Si l'étranger hésite, donnez solennellement votre parole d'homme d'affaires russe, en le fixant dans les yeux et en posant votre main sur le sandwich au fromage. Et vous ne le croirez pas - il vous croira ! C'est une coutume chez eux.

Aucun doute : tout ce qui est promis de leur côté, sera fait à temps.

Tâchez de conclure le plus gros contrat possible, afin que l'associé occidental ne s'en remette jamais. Il faut ruiner dans les règles ! Et après, qu'il essaye de trouver le coupable - sur les étendues de notre Patrie personne n'y a encore réussi !

Si tout va bien, l'homme d'affaires se mettra une balle dans la tête. C'est une coutume chez eux. Et nous, grâce à notre industrie militaire, nous leur fournirons suffisamment de balles, n'ayez crainte. Parole de businessman !


Les yeux


Les yeux - c'est le miroir de l'âme. Alors évitez de regarder votre interlocuteur dans les yeux. Les yeux peuvent refléter la pensée, sinon son absence totale. Vos yeux peuvent vous trahir. Mais il ne faut pas non plus les cacher, sinon l'homme d'affaires va vous soupçonner de ne pas jouer franc jeu. Vous allez vous demander - où alors faut-il mettre les yeux ? Fixez la racine du nez. Peu de gens supporteront un tel regard.

Alors l'homme d'affaires perd le fil, parce qu'il ne comprend pas pourquoi vous le regardez comme ça. Il se frotte la racine du nez en s'imaginant y avoir une tache. Sinon pourquoi vous la regarderiez ? Finalement, l'homme d'affaires ne pense qu'à la racine de son nez en oubliant ce qu'il voulait dire ! Il se regarde discrètement dans la glace - rien ! Mais vous la regardez ! Alors, l'un de vous est un idiot ! L'homme d'affaires ne se doute pas de lui-même ; alors c'est vous !

La conversation devient vite dépourvue de sens, c'est-à-dire comme vous la souhaitiez. Et plus vous devenez sûr de vous, plus l'homme d'affaires se sent impuissant. Résultat : votre regard braqué sur la racine de son nez a vaincu l'adversaire.


Les cocktails


Il faut prêter une attention toute particulière à l'art de la préparation des cocktails, car une gorgée d'un mélange fort peut tout saboter en une seule fois. Si le représentant d'une firme, un homme plein d'expérience, a trempé ses lèvres dans un cocktail, mais qu'il est resté sain de corps et d'esprit, il faut prendre l'initiative. Buvez un verre d'un mélange en lequel vous avez confiance (le plus fiable est le suivant : 100 g de vodka, 50 g de champagne, 5 g de poivre moulu, une pincée de poudre). Ce mélange explosif vous achèvera au bout de cinq minutes.

Vos phrases deviendront décousues, votre sourire plus bête et plus large. L'homme d'affaires commencera à vous trouver suspect. Buvez cul sec un autre cocktail en disant: "Au succès de l'entreprise !"

Après le troisième verre embrassez l'homme d'affaires partout où vous pouvez. Vous verrez combien les vrais hommes d'affaires courent vite ! N'oubliez pas de lui crier que d'après la coutume russe, il faut boire le coup de l'étrier "au Clinton"!


La secrétaire


Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas combien le rôle de secrétaire d'un homme d'affaires est important. Une secrétaire bien dressée peut faire partir le visiteur avant qu'il ne vous rencontre.

La plus efficace est naturellement une charmante secrétaire sourde et muette, mais leur coût est exorbitant. Pour un salaire modéré vous pouvez trouver une fille bègue, pleine de tics nerveux, parlant deux ou trois langues que personne ne parle, sauf elle. Le visiteur perdra énormément de temps en explications avec elle, et un entrepreneur intelligent comprendra : telle secrétaire, tel patron.

Mais certains peuvent croire que c'est un malentendu. Alors vous allez avoir recours à votre secrétaire pendant la conversation. Demandez-lui d'apporter du thé ou du café.

Maintenant votre secrétaire va devoir faire preuve d'une grande habileté. Il est important non seulement de renverser une tasse de café sur le visiteur, mais aussi d'essayer de le brûler. Donc le café doit être fort et très chaud, votre invité l'appréciera.

On peut demander au préalable à l'homme d'affaires comment il préfère son café : au lait ? à la crème ? En fonction de ses préférences on pourra faire sur le visiteur une tache au lait ou à la crème.

Il faut absolument mettre du sucre dans le café, mais ne pas le remuer. Dans ce cas il forme sur les vêtements non seulement une tache, mais aussi une croûte sucrée et croustillante, qui colle et brûle longtemps.

Ensuite, la secrétaire doit aller chercher le fer à repasser en courant, en renversant les chaises et en criant: "Je vais vous repasser tout de suite !" Si la brûlure de l'homme d'affaires n'est pas mortelle, il se retirera immédiatement, en préférant sa vie au fer à repasser.

Une qualité exigée de la secrétaire est une bonne mémoire. Elle ne doit rien oublier et être capable de téléphoner à n'importe quelle heure de jour et de nuit pour dire: "Je me suis rappelé ! Monsieur N. a téléphoné il y a une semaine et a demandé de vous transmettre quelque chose. Quand je m'en souviendrai, je vous rappellerai !"

Sans une pareille secrétaire vous allez périr, englué dans une masse d'affaires urgentes et importantes.


Les repas d'affaires


Qu'est-ce qu'on peut manger avec les mains et qu'est-ce qu'on ne peut pas. Bien sûr, il est plus pratique de manger avec les mains, personne ne dit le contraire, mais hélas, on ne peut manger avec les mains que du gibier, et tous ne savent pas ce qui est du gibier.

Donc, si vous voulez être original, essayez de manger avec les mains disons, la viande du pot-au-feu. Faites-le avec élégance, sans attirer l'attention, ne clappez pas les lèvres, ne rongez pas l'os en grognant. Ayant repêché un bout de viande du pot-au-feu, prenez-le avec les deux mains, la main gauche tournant la viande avec un os dans le sens des aiguilles d'une montre. Mordez la viande avec les dents et fourrez-la dans la bouche à l'aide des doigts libres de la main droite. Si vous faites ça avec suffisamment de désinvolture, les étrangers présents croiront que telles sont les coutumes locales, qu'il est inconvenant de les violer, et suivront votre exemple. Toutefois leurs gestes seront incertains (vu l'absence de pratique), alors ils se retrouveront dans une situation embarrassante : quelqu'un fera tomber le bout de viande, un autre se tachera le pantalon, un autre encore s'étranglera - bref, ils se mettront d'eux-mêmes dans de sales draps ! Ainsi vous leur ôterez l'appétit et l'envie de vous revoir. Et si un jour le hasard vous réunit, l'homme d'affaires occidental aura des hauts le coeur rien qu'en vous voyant. La nausée est une grande force ! Croyez-moi, il ne s'intéressera plus à rien. Asseyez-vous à ses côtés et rappelez-lui cette soirée mémorable avec force détails. Vous ne le regretterez pas !


Les divertissements de table


Si vous êtes invité à un dîner dans un cercle intime d'hommes d'affaires, vous pouvez leur faire une blague à l'aide d'un jouet amusant. C'est un bras articulé qui tient dans la poche. Quand vos partenaires et leurs épouses seront à table et qu'une ambiance décontractée régnera, mettez discrètement votre main avec le jouet sous la table. Appuyez sur les boutons, dépliez le bras et touchez le genou d'une épouse quelconque. Touchez, touchez ! La femme s'excitera aussitôt et se mettra à réfléchir, se demandant lequel des invités est si tendre sous la table ! Faites la même chose avec les genoux de toutes les femmes. Tandis que les épouses délicatement rougissantes restent dans une heureuse perplexité, caressez les genoux des hommes. Caressez, caressez ! Qu'est-ce qu'ils ouvriront tous de grands yeux sur les femmes !

Tout en continuant à discuter, tout le monde sera préoccupé par les évènements sous la table et par la question : qui à touché le genou de qui et avec quoi ! Ça donnera libre cours à tous les fantasmes.

Plus tard, en dansant, les invités commenceront à demander à leurs partenaires par des chemins détournés, à l'aide d'allusions, si c'est lui (elle) qui a été si joliment indiscret(e) sous la table.

Et comme personne ne soupçonnera son propre mari ou femme, et que vous avez touché tout le monde sans exception, chacun espèrera avoir été touché par celui qu'il voudrait ! Il y deux variantes : soit les désirs de tout le monde coïncident, et tous sont heureux, soit ils ne coïncident pas, et dans ce cas-là les scènes et les scandales sont inévitables, les divorces sont possibles. Ça peut mener à l'insuffisance cardiaque, l'arythmie, l'infarctus, l'apoplexie et bien d'autres.

Le jouet est vraiment très amusant, avouez-le !


Au sauna


Étudions une situation type : les négociations sont dans l'impasse. Evidemment, vous devrez fournir beaucoup d'efforts, car un homme d'affaires occidental qui a compris les bénéfices potentiels de la transaction, va se battre pour le contrat avec une énergie redoutable. Il croit que la signature est proche, car tout est si simple et surtout avantageux !

Le pauvre, il pense selon les lois de la logique, sans comprendre que dans notre pays règnent d'autres lois.

Patience, il ne faut surtout pas renvoyer franchement et très loin notre ami transocéanique. Retenue et encore retenue ! Vous devez l'amener à la conclusion qu'il devrait décamper ! Présentez l'affaire comme suit : vous êtes corps et âme "pour", mais il y a les gens qui vous bloquent en permanence.

L'homme d'affaires voudra rencontrer ces gens. Il est persuadé qu'il suffit de leur expliquer que deux fois deux millions ne traînent pas dans la rue ! L'État peut en tirer profit ! (Il croit que quelqu'un s'en soucie !)

L'invité le veut - pas de problème ! Demain soir dans un sauna. L'homme d'affaires, naturellement, ne comprend pas : pourquoi dans un sauna ? Il voudrait discuter, pas se laver !

Expliquez-lui que chez nous le travail et le loisir sont inséparables. Puisque le temps c'est de l'argent, nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de nous détendre sans rien faire, mais d'un autre côté nous n'avons pas le droit de travailler sans nous reposer en même temps! Bien sûr, l'homme d'affaires reste perplexe : chez eux les affaires sont traitées par des gens secs et sobres, et chez nous par des gens mouillés et saouls.

Quels sont les avantages cachés d'un sauna ? Avec un homme détendu on peut résoudre des questions insolubles, mais aussi, si on veut, ne pas résoudre des question solubles, ça dépend de la dose versée dans le verre.

On aura préparé le programme complet du sauna : la température est de 120°, les documents sont prêts, les hors-d'ouvre disposés, la bière est fraîche, les filles sont chaudes. Une fois déshabillé, l'homme d'affaires commencera à chercher les personnes qu'il doit rencontrer. Ces jolies filles sont-elles en réalité les monstres qui bloquent en permanence" ? Calmez-le, dites-lui que ces salauds seront là d'une minute à l'autre. Faites-le entrer dans le sauna.

Renversez-le sur le banc, et dès qu'il ouvre la bouche, commencez à le taper avec un balai de bouleau chauffé, sur les épaules, les fesses, les talons, pour qu'il en ait le souffle coupé ! Il essayera de se dégager, de dire quelque chose, alors vous arroserez les pierres chaudes avec de la bière, du cognac, de l'eau mentholée, afin que son cerveau soit embrumé par la vapeur. Il essayera de se lever - ne le laissez pas partir ! Expliquez-lui que les vrais hommes d'affaires tiennent pendant une demi-heure. Attendez la première sueur, la deuxième, la troisième. Le businessman, perdant la raison, tentera encore de parler affaires, mais pas de façon aussi claire, la voix indolente, le visage congestionné. Poussez-le dans la piscine d'eau glacée. En remontant à la surface il devra avoir les yeux exorbités.

Invitez-le dans le hall d'entrée. Là-bas, il y a les filles - la première avec un verre de vodka, la deuxième avec un cornichon, la troisième avec rien. Répétez la procédure trois fois : les branchages, la vodka, la fille. Quand l'homme d'affaires, en oubliant pourquoi il est venu dans le sauna, proposera par le biais de l'interprète "embrassons-nous, kiss me", ne le lui refusez pas.

Embrassez-le par le biais de l'interprète. Pour être sûr que toutes les questions sont résolues, essayez vous-même de parler affaires. Si l'invité vous colle une prune, alors la soirée a réussi.

Plus besoin d'interprète - vous vous comprenez parfaitement. Plus la conversation est décousue, plus elle est intime. Dans deux heures l'homme d'affaires doit se rendre compte que sa vie était inutile, dans trois heures il demandera l'asile politique. Dans quatre heures vous le lui donnez ici, sur le canapé. A partir de ce jour votre nouvel ami ne pourra plus se passer de sauna et dépensera tout son argent pour ce plaisir. Résultat : encore un homme d'affaires occidental de moins !


Les bonnes manières


Un homme venu pour travailler doit se sentir à l'aise dans votre bureau. Prenez soin des cendriers, n'obligez pas votre interlocuteur à tendre la main avec la cigarette. Les coupelles avec les gâteaux apéritifs et les noisettes, l'eau minérale - il ne faut pas croire que ce soient des broutilles. Imaginez : l'homme d'affaires vous montre les dessins d'un hôtel. Vous l'écoutez attentivement, tout en prenant une poignée de noisettes et en commençant à les jeter dans la bouche, et d'un geste vous invitez votre interlocuteur à se servir. Absorbé par le travail, il mettra machinalement quelques noisettes dans sa bouche. Alors, tout en continuant à acquiescer, vous versez deux verres d'eau gazeuse, vous la buvez et en proposez à l'homme d'affaires. Il boit d'un trait en continuant de parler. Les noisettes avec de l'eau gazeuse plus le discours ininterrompu provoquent le hoquet dans l'organisme, chez vous et chez votre interlocuteur.

En tant que personne bien élevée, laissez-le hoqueter en premier. Il sera gêné. Faites un geste apaisant: "C'est pas grave !" Après quoi hoquetez vous-même. L'homme d'affaires croira que vous le taquinez, et s'interrompra. Enervé, il hoquettera très fort dans le silence régnant. Sans insister, dites-lui : "Ce n'est rien, juste le hoquet !" et hoquetez encore

L'homme d'affaires vous dira, vexé : "Vous vous moquez de moi?" et hoquettera, indigné. Souriez-lui : "Qu'est-ce que vous fait dire ça ?" Et là, vous hoquetez de toutes vos forces. L'homme d'affaires partira en claquant la porte et en hoquetant sur vous et sur tous vos proches. Vous lui hoquetterez après avec soulagement.

On peut vous féliciter - vous vous êtes débarrassé d'un partenaire de plus. Croyez-moi, il est plus facile de se débarrasser d'un partenaire que d'un concurrent, car le concurrent vous veut du mal, alors que le partenaire vous veut du bien. Seul un professionnel peut réduire ce désir à zéro.


Les réponses aux questions


Les gens se dévoilent au cours d'une conversation. Soyez donc vigilant ! Réfléchissez bien avant de dire une bêtise ! Pourquoi est-ce qu'on dit: "Les chiens sont intelligents"? Simplement parce que'ils se taisent. Et les hommes sont obligés de parler. Souvenez-vous : votre réponse doit être si exhaustive qu'elle ôte toute envie de vous poser d'autres questions. Mais sans grossièreté ! Avec finesse et délicatesse, en choisissant bien les mots. Plus il y a de mots, moins ils ont de sens ! Naturellement, l'interlocuteur s'intéresse à votre opinion. Et vous-même, est-ce que vous la connaissez? Mais votre réponse ne doit pas être hésitante ; parlez de façon claire, distincte et incompréhensible.


Il existe trois moyens de donner des réponses exhaustives.


Moyen N° 1 - réponse à la question qu'on ne vous pose pas.

Question : - Que pensez-vous de la présence des cafards dans les hôtels ?

Réponse: - Je suis descendu à l'hôtel "Orion" à Munich. Le patron s'appelle Helmut. Vous le connaissez ?

Votre interlocuteur est libre de comprendre votre réponse à sa guise.


Moyen N° 2 - mettez dans votre réponse le plus de mots possible, et que votre interlocuteur se débrouille pour en repêcher ce qu'il lui faut.

Question: - Que pensez-vous de la présence de cafards dans les hôtels ?

Réponse: - Voyez-vous, mon cher. En étant honnête, entre nous, le coeur ouvert, comment dirais-je, comme devant Dieu, on ne peut exclure en aucun cas ce qui arrive dans les situations exceptionnelles, et ça peut arriver, soyons honnêtes, regardons la vérité en face, d'autant plus que, en ce qui concerne les cafards je ne trouve tout simplement pas d'alternative ! Et vous ?

Il est possible de changer l'ordre des mots, car ce n'est pas leur ordre qui importe, mais plutôt leur quantité. L'interlocuteur va réfléchir longtemps. C'est bien : qu'il réfléchisse si ça vaut la peine de vous poser d'autres questions.


Moyen N° 3 - utilisé quand on veut à tout prix connaître votre opinion. Il existe des personnes effrontées. Elles n'ont peut-être pas d'opinion, alors elles veulent absolument connaître la vôtre. Courage ! Faites-lui chercher la logique dans votre réponse. Les recherches de logique dans le vide de sens font perdre la boule.

Question: - Alors, que pensez-vous de la présence de cafards dans les hôtels ?

Réponse: - Sans aucun doute, le fait même de la présence de cafards dans les hôtels est répugnant. Mais d'un autre côté, le cafard en tant qu'être vivant a le droit de vivre. Selon les termes de la convention internationale sur la défense des légumes et des insectes, signée le 20 janvier 1978, chapitre deux, paragraphe trois (beaucoup de chiffres et de dates. Personne ne s'en souvient, alors tout le monde a de l'admiration pour vous). Il est possible que l'homme trouve les cafards désagréables. Et si c'était l'inverse ? Car nous ne savons pas ce que pensent de nous les cafards ! Telle est mon opinion, et je la défendrai l'écume à la bouche jusqu'à ce qu'elle coïncide avec la vôtre !

Sans aucun doute, une ou deux réponses comme ça, et vous mettrez K.O. l'homme d'affaires le plus expérimenté.


Le tact


Le tact - c'est l'art de dire ce qu'il faut quand il faut, ou de ne pas dire ce qu'il ne faut pas quand il ne faut pas. Une phrase mal placée peut décider du sort des négociations, une blague malvenue met dans l'impasse. Apprenez par coeur quelques blagues, entraînez-vous devant la glace à les raconter, et soyez prêt à les sortir pendant la conversation.

N'importe quel mot de votre interlocuteur peut être un déclencheur. Par exemple, l'homme d'affaires commence à expliquer les principes de votre entreprise commune. Imaginons qu'il s'agisse de la production de bière. Il parle du prix de revient, du transport, des variétés de bière. A peine il prononce "bière", interrompez-le en touchant amicalement son épaule : "À propos de la bière ! Je connais une blague : l'incendie dans un bordel. Tout le monde crie : "De l'eau ! De l'eau !" Et quelqu'un sort sa tête de sa chambre et dit : "Et aussi une autre bouteille de champagne pour la cinq !" Après, éclatez d'un rire communicatif. D'abord sidéré, votre interlocuteur esquissera ensuite un sourire. Il lui faudra du temps pour en revenir au sujet de la conversation. Il est K.O., et votre score à vous monte.

Ayant retrouvé ses esprits, l'homme d'affaires vous attaquera avec des forces décuplées, grâce à ses propositions dans tous les sens. Dès que son discours devient clair et cohérent, interrompez-le en lui assenant une autre blague au-dessous de la ceinture.

Si tout va bien, à la cinquième blague l'homme d'affaires oubliera complètement pourquoi il est venu, et se mettra à rire comme un hystérique avant la fin de la blague.

Vous aurez la réputation d'un bon vivant qui comprend que dalle dans les affaires. Et ça, comme disent les Américains, complètement O.K.!


La poignée de main


Rappelez-vous : une poignée de main molle déçoit, une forte abaisse, une humide provoque le dégoût, une sèche gratte, une modérée passe inaperçue. La conclusion s'impose : au cas où, ne serrez la main à personne ! On se souviendra de vous et on vous évitera !

Si vous voulez rompre les relations avec quelqu'un, servez-vous de la poignée de main. En sachant que l'homme d'affaires est sur le point d'entrer, mettez votre main droite dans un bocal de confiture (de préférence celle d'airelles, elle est délicieusement acidulée). Puis avancez vers le visiteur et serrez fort sa main droite, secouez-la bien pour l'imbiber de la confiture. Après quoi léchez votre main et demandez : "Très bon, n'est-ce pas ?"

Vous n'aurez pas à saluer cette homme une deuxième fois, vous l'avez salué une fois pour toutes.


La lutte pour le tabagisme


On fume de moins en moins en Occident, parce qu'on veut vivre plus longtemps. Notre but est différent. Alors tous vos collaborateurs sont obligés de fumer s'ils ne veulent pas rester sans emploi.

La personne qui reste sans rien faire à tirer sa flemme - c'est, sans doute, un fainéant. La personne qui fume - c'est autre chose. Elle donne l'impression de travailler. Le fumeur a les mains occupées par la cigarette, la bouche par la fumée et le cerveau par la nicotine. Regardez donc combien un fumeur a l'air intelligent ! Le front plissé, les yeux rétrécis, la fumée sortant par les oreilles. Et à le voir on a l'impression qu'il a plus d'intelligence sur son visage que dans sa tête. Le fumeur provoque, premièrement le respect, deuxièmement le dégoût, et troisièmement, l'envie de partir.

Bien sûr, tout le monde ne peut pas fumer un paquet entier par jour - seulement les jeunes, forts et en bonne santé pourront supporter la concurrence et mourront en devançant les autres.

Fumer a un autre effet indésirable. N'oubliez pas, il existe parmi les hommes d'affaires occidentaux des gens résistant, qui peuvent tenir le coup dans la fumée tout en parlant affaires, pendant deux à trois heures, et ne perdront connaissance que vers la fin de la journée de travail. Il y sont carrément obligés en tant que personnes honnêtes.

Quand il perdra connaissance et s'étalera par terre, surtout n'appelez pas le SAMU. Il peut venir ! On ranimera l'homme d'affaires, et il va vous importuner de nouveau avec ses propositions. Faites du secourisme vous-même, c'est pas compliqué. Cassez sur le front de l'homme d'affaires de la glace, déboutonnez sa chemise, relâchez sa ceinture et commencez le bouche-à-bouche (ce qui doit être fait par une collaboratrice jeune mais expérimentée). En revenant à lui, l'homme d'affaires sentira dans quelles mains et quelles lèvres amicales il se trouve. Ne le laissez pas émerger, continuez le bouche-à-bouche. Les collaborateurs retiennent les bras et les jambes de l'homme d'affaires, la collaboratrice ne lâche pas sa bouche. L'homme d'affaires passe de l'état "pas bien du tout" à l'état "très bien" et perd de nouveau connaissance pour faire durer le plaisir.

Quand vous le déposerez le soir à son hôtel, il aura complètement oublié où il était et ce qu'il faisait. Un parfum léger, les lèvres gonflées lui laisseront un souvenir vague : les Russes n'ont rien à voir avez le business, mais ils embrassent très bien !


Les passe-temps


Les fleurs fraîches font un bel effet dans un bureau. Veillez à ce que l'eau dans le vase soit toujours fraîche, les tiges des fleurs soigneusement coupées. Et surtout, deux ou trois mouches doivent voleter dans le bureau. Ne vous étonnez pas - une mouche peut s'avérer irremplaçable au moment de la signature du contrat.

Imaginez : alors que votre interlocuteur stipule les pourcentages dans la répartition des bénéfices, vous, tout en l'écoutant attentivement, vous essayez d'attraper la mouche devant le nez de l'homme d'affaires. Naturellement, il se tait en suivant la mouche des yeux, sans comprendre, qu'est-ce qu'elle a voir ? Vous dites placidement: "Je vous écoute, continuez !" À peine a t-il fini de rassembler ses pensées, faites de nouveau un geste brusque de la main droite afin d'attraper la mouche, mais laissez-la s'échapper. Le futur partenaire, décontenancé, essayera de vous aider à attraper cette sacrée mouche, mais vous vous êtes entraîné plusieurs heures par jour et lui non ! Enfin attrapez la mouche, tenez-la dans un poing et faites un sourire d'encouragement à votre interlocuteur: "Où en étions-nous ?"

Le type croira que l'incident avec la mouche est fini et recommencera à développer sa pensée. Quand il se sera remis et calmé, approchez votre poing avec la mouche de son oreille et dites : "Qu'est ce qu'elle bourdonne, la salope ! Vous entendez ?" Ça mettra pratiquement la fin à la discussion d'affaires. Montrez à votre invité quelques trucs de professionnel pour attraper les mouches. Le plus beau c'est le mouvement de la main droite de haut en bas à 45 ° avec la rotation au stade final. L'homme d'affaires sera épaté :

- Vous êtes très habile !

- Et qu'est-ce que vous croyez ! Ça c'est pas les contrats à signer ! Là, il faut réfléchir !

Et vous racontez au pauvre bougre les secrets de la chasse aux mouches. Résultat : un homme d'affaires de moins et un chasseur de mouches en plus.


Le secret commercial


Souvenez-vous : personne ne doit savoir ce que vous faites ! Si le secret est connu par deux personnes, alors il peut être connu par tout le monde. Si au moins une personne est au courant, elle peut dire à une autre, donc à tout le monde. Conclusion : si personne ne connaît votre secret, il est réellement à l'abri.

Gardez toujours en mémoire la devise de notre businessman : vous ne devez pas savoir ce que vous faites ! Alors le secret commercial est garanti! Faites vos affaires sans chercher à comprendre en quoi elles consistent au juste.


Conclusion


Notre but est de tuer dans l'oeuf la coopération. Plus les affaires avancent, plus il est difficile d'en sortir. Souvenez-vous : il ne faut rien faire par hasard qui peut être fait exprès. Moins vous êtes compétent, plus ça dépend de vous.

Seul un non-professionnel peut en faire de belles, et même une centaine de professionnels ne pourra s'en sortir. Faites votre possible pour ne rien faire. N'oubliez pas : pour ne rien faire, il faut travailler beaucoup.

Souvenez-vous : il n'y a qu'une seule arme contre les hommes d'affaires - c'est l'absence de professionnalisme. Apprenez à la manier à la perfection. Un seul non-professionnel peut venir à bout d'une dizaine de professionnels.

Si tout va comme prévu et que la collaboration internationale se développe, alors dans un avenir proche les Américains ne vivront pas mieux que nous. Donc, enfin, nous ne vivrons pas plus mal qu'eux !

Au travail, camarades ! C'est-à-dire bonne chance, messieurs !