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FÊTES ET TRADITIONS


Historique des fêtes d'hiver
en Russie


Il y a bien longtemps, Morok, le dieu du froid, se déplaçait dans les villages et envoyait le gel. Pour essayer de se protéger du froid mordant, les villageois mettaient des cadeaux sur leurs fenêtres: bliny, kissiel, biscuits, koutia. Petit à petit, le méchant Morok s'est transformé en gentil Ded Moroz (Père Gel) qui apporte les cadeaux lui-même. Snegourotchka, fille de Ded Moroz et de Vesna (la déesse de printemps), l'accompagne dans cette mission.

Les fêtes d'hiver commençaient le jour du solstice. Le jour le plus court s'appelait "karatchoun". Ensuite commençaient les rites consacrés aux âmes des ancêtres: pour les honorer, on préparait des mets rituels, et la nuit du 25 décembre les gens faisaient les feux de paille pour "réchauffer" les âmes des ancêtres.

Dajdbog - dieu de chaleur et de lumière - naît le jour du solstice d'hiver. Du 25 décembre à 6 janvier, c'étaient les Sviatki, la période festive. Les éléments le plus connus de cette période sont koliadovanie (chant des koliadki avec la récompense des chanteurs) et la divination. La tradition de la divination s'explique facilement si on sait que selon les croyances, la frontière entre le monde des dieux et celui des humains est ténue pendant le solstice, et il est plus simple de recevoir la réponse des dieux si on s'adresse à eux pendant cette période.

Le rite de koliadovanie (du nom du dieu Koliada, forme de Dajdbog) vient de la coutume païenne de conjurer les esprits malins. Il était destiné à ce que le blé pousse et que le bétail se multiplie, qu'il y ait l'abondance dans la maison et le bonheur dans la famille.

Ce sont surtout les jeunes qui chantaient les koliadki (chansons festives). Ils se déguisaient en mettant des masques, des fausses barbes de lin et des manteaux en fourrure. Quatre garçons portaient l'effigie de jument en paille, sur laquelle on asseyait un adolescent déguisé en petit vieux avec une très longue barbe. Les autres se déguisaient en vache, bouc, cheval, chat, grue, renard, cochon et autres animaux. La chèvre symbolisait le dieu Koliada, et la caresser portait bonheur - la personne déguisée en chèvre était fort sollicitée!

Les groupes des chanteurs allaient d'une maison à l'autre, et chaque groupe portait sur un bâton une étoile  à 6 ou 8 branches en papier argenté. Parfois on mettait à l'intérieur de cette étoile une bougie allumée. Dans chaque groupe il y avait une personne chargée d'un sac où on récoltait les dons. Les chanteurs s'arrêtaient devant les fenêtres ou entraient dans la maison, s'ils y étaient invités, et demandaient la permission de chanter les koliadki au maître de maison. D'habitude les chanteurs étaient accueillis avec honneur, et ils étaient récompensés pour leurs chants par des cadeaux préparés d'avance. Le contenu des koliadki était varié, mais ils avaient un point commun: ils souhaitaient aux maîtres de maison généreux une bonne récolte, la multiplication du bétail, une bonne santé, en les remerciant pour les cadeaux. Aux maîtres de maison avares, on destinait toute autre sorte des koliadki, en leur souhaitant la sécheresse et autres problèmes.

Que recevaient les chanteurs en récompense? Des biscuits spéciaux en forme d'animaux domestiques, de la nourriture (saucisson, lard salé, pains d'épice),  et parfois de l'argent.

Les chants terminés, les chanteurs se ressemblaient dans une izba où ils faisaient le repas commun et partageaient les cadeaux. A la fin des réjouissances, il fallait faire rouler une roue en flammes sur une colline en disant: "Monte en haut, reviens avec le printemps".

Le son de clochettes vient des anciennes traditions païennes. Quand le froid régnait sur terre, les gens croyaient que le soleil était très affaibli et l'esprit malin très fort. Pour le chasser, il fallait faire beaucoup de bruit. La tradition de sonner les clochettes, de crier et de chanter persiste jusqu'à nos jours.

La lumière était un ingrédient indispensable des fêtes d'hiver. Les forces du froid et du noir étaient chassées à l'aide des chandelles et des feux.

La popularité des fêtes d'hiver était très grande, et après une lutte infructueuse avec le dieu Koliada l'église a décidé de fêter la naissance du Christ en hiver (sa date de naissance exacte demeure inconnue). Les ecclésiastiques se sont même mis à écrire les chansons-koliadki glorifiant Jésus. Et l'étoile païenne s'est transformée en étoile de Bethlehem qui a guidé les rois mages vers Jésus.

Actuellement les Sviatki représentent un mélange de rites païens et de croyances orthodoxes: par exemple les déguisements, destinés à chasser les mauvais esprits, très actifs pendant les fêtes, mais il fallait se purifier (laver la souillure des déguisements) avec le l'eau bénite une fois les fêtes terminées.

Nouvel An, la seule fête officielle non politique de l'époque communiste, était très appréciée. Les gens s'y préparaient longtemps d'avance et certains pratiquaient même la divination (en cachette, bien entendu).